Pour César, dans la guerre des Gaules, transcendere signifiait “aller au delà”, “franchir les Alpes. La philosophie ne cesse de s’emparer du mot et de le revisiter. Pour Kant l’objet ou le sujet transcendant dépasse les bornes de l’expérience possible, c’est planant, exorbitant. La vision humaniste de la transcendance de Sartre me va bien: ”l’homme est constamment hors de lui-même et c’est en se projetant (…) hors de lui qu’il fait exister l’homme. C’est en poursuivant des buts transcendants qu’il peut exister”.
Pi, est un nombre transcendant ! Il est fascinant et au sens mathématique non algébrique, irrationnel.
Je prie d’excuser les puristes, j’ai conscience du solécisme, de redescendre tant de “sens” au niveau du marketing. Mais le marketing a besoin de s’élever et pour cela il est nécessaire de lui redonner un sens humaniste. Le marketing est vécu aujourd’hui par les jeunes comme l’école du mensonge. De mon point de vue il doit être l’école de l’humanisme: savoir écouter les hommes, se mettre à leur service, répondre à leurs besoins,être humble car souvent imparfait dans ses réponses, …
Et le marketing doit dans ce sens permettre à l’homme de se dépasser, de trouver du sens, de se transcender, d’exister plus et mieux. C’est ainsi que l’humanisme sera la principe central du marketing.
Que l’on soit producteur, transformateur, importateur etc, il est essentiel pour la pérennité de l’entreprise d’intégrer la durabilité de ses ressources: que ce soit les problèmes d’eau, d’appauvrissement de sol ou d’instabilité sociale etc…
Garder ce bon sens exige d’investir en temps en argent…La pression de la concurrence et les exigences de rentabilité à très court terme écartent le dirigeant de ces aspects.
Les pêcheurs français (à l’exception de cas vertueux de la coquille st Jaques) ont centré leur stratégie d’entreprise sur l’investissement dans des navires toujours plus puissants…etc…aujourd’hui ils sont pris à la gorge: faiblesse de la ressource naturelle et coût d’exploitation exorbitant…
Les consommateurs sont prêts à agir et à adapter leur comportement au DD….mais ne croient pas à l’engagement des entreprises et des élus !
C’est ce que nous apprend l’étude Aegis Media Expert pour l’Ademe qui nous apprend que 70% des Français estiment pouvoir agir sur le développement durable par leur choix d’achat. Mais un peu plus de la moitié ne sait pas où acheter ces produits et ne fait pas confiance aux vertus sociales et écologiques des marques et entreprises. Par ailleurs 30% de la population qu’un produit «responsable» doit être local. Enfin les trois quarts des Français jugent que les pouvoirs publics ne prennent pas assez en compte les enjeux environnementaux. Pire la confiance aux grandes entreprises est en chute libre : seulement 37%, soit –11 points depuis 2006.
…Mais n’est-ce pas le résultat du « green-washing ? »…et donc la parfaite illustration de l’obligation de mettre en conformité produit, processsus et promesse DD?
L’avancée rapide des entrepreneurs vers le développement durable a avantage à s’accompagner d’une communication pertinente. Il faut donc avoir les mots pour le dire, et surtout savoir ce qui parle aux français quant on leur parle d’un avantage produit ou d’un pratique meilleure. Eau, déchets, réduction ou maîtrise de la consommation sont des clés quand on évoque une action personnelle en faveur du développement durable. Coopération modiale, pollueur/payeur, emplois vert sont quelques clés d’un langage tourné vers des actions globables des états ou des ONG.
De mon point de vue, l’entreprise peut avoir avantage à distinguer ces 2 situations: le discours produit qui puisera dans les mots d’action personnelle, le discours institutionnel qui le fera à partir d’un registre de mots associés àune dimension plus globale.
A l’inverse, un certain nombre de mots s’opposent à l’espoir d’un monde meilleur : transport par camion, 4X4, capitalisme, OGM, consommation de pétrole, …
Ces éléments sont issus d’une récente étude de Médiascopie qui explicite les mots qui, pour les français de toutes catégories socioprofessionnelles, décrivent leur vision d’un monde meilleur.