Au fond, je rêve à quoi au delà de la crise ?

 

On en a tous marre de la domination des financiers spéculateurs, des banquiers qui versent des bonus à des gens qui n’ont pas plus de mérite que vous et moi mais qui juste se trouvent à la bonne place ; on en a marre de la malbouffe, de ce qu’on nous cache, des mensonges, des manipulations ; on en a marre du pouvoir autocratique, des dictateurs, des guerres ; on en a marre des planqués, des gens qui râlent et ne font rien, des privilégiés qui se protègent et n’utilisent pas leur situation privilégiée pour contribuer à réduire la violence de  ce monde ; on en a marre de l’injustice économique, du pouvoir excessif des donneurs d’ordre sur les sous traitants, du dumping social, de la libido consumériste des pays riches face aux pauvres du monde.

 

Ce constat fait, cette colère passée, comment fait-on ?

 

De mon point de vue, il y a 2 champs d’action à mettre en œuvre, dans les années à venir. Ils ne constituent pas pour moi des vœux pieu, ils sont ce pour quoi je me bats touts les jours et ce que je cherche à promouvoir. Ils sont concrets. Ils sont en train de se développer.

 

1 – Que la société des consommateurs prenne le pouvoir de sanctionner les entreprises, petites ou grosses, qui fonctionnent contre les intérêts de la société et de la planète. Il faut pour cela 2 choses :

- Un système de certification des entreprises, qui précise l’ensemble des critères d’une entreprise « utile à la société » (par opposition à « nuisible à la société ») et qui garantisse la transparence des pratiques de l’entreprise. La question étant de vérifier que ce sera le cas avec l’iso 26 000 et ce qu’il manquera qui restera à inventer.

- une traçabilité totale des produits et services qui spécifie l’ensemble des entreprises qui ont contribué à sa création, sa production, sa filière de commercialisation et logistique et que cette information soit mise à disposition des consommateurs ou de leurs « informateurs », les ONG, associations de consommateurs ou médias éclairés.

 

2 – Qu’à l’intérieur des entreprises et des organisations, petites ou grosses, soit développée une vraie culture du progrès humain : pour reprendre les termes clés de Will Schutz, d’estime de soi, de culture de la vérité, de travail d’équipe, de responsabilité, d’épanouissement individuel, de développement des compétences, de prise de décision, de temps donné aux gens pour s’approprier le changement, et aussi de santé au travail, d’ambiance, de relation sage à l’argent et au pouvoir, de sagesse des actionnaires, etc …

Lorsque cette culture est déployée dans une entreprise, alors l’entreprise inévitablement entre dans une spirale vertueuse qui lui fait produire du « bien pour la société et la planète ».

 

Il n’est donc pas question de remettre en cause les multinationales. En ce qui me concerne, j’y ai passé 15 années passionnantes de ma vie professionnelle où j’ai appris beaucoup et surtout au cours des quelles j’ai eu le sentiment d’apporter beaucoup à la société et au monde agricole en particulier ; ce sont aujourd’hui une partie de mes clients. Il n’est pas question de combattre le capitalisme, j’en suis partie prenante. Il n’est pas question de combattre la Grande Distribution, ce sont les clients de mes clients et j’y vais faire mes courses. Il est question de faire changer les pratiques à l’intérieur des entreprises et organisations, petites ou grosses, et surtout de se doter d’un outil qui permette de les sanctionner.

 

Je veux que demain, la prospérité d’une entreprise soit inévitablement liée à son degré de contribution au bien des hommes et de la planète. Plébiscitée par les consommateurs, elle verra son chiffre d’affaires se développer et sa profitabilité s’accroître. Et il est normal que les actionnaires éclairés soient alors correctement rémunérés. De toutes façons étant éclairés, ils réinjecteront cet argent dans des projets vertueux. CQFD.

 

Tout cela prendra du temps, mais je vois que c’est déjà en train de se mettre en place progressivement et inexorablement, raison pour la quelle toute entreprise doit dès aujourd’hui se mettre en marche vers ce nouveau modèle. Et raison pour laquelle chacun peut d’ores et déjà agir. Si l’on a peur ou que l’on n’est pas satisfait et qu’on veut donc que les choses changent, que le monde change, la première chose à faire c’est de se changer soi-même ! La suite vient comme par enchantement !

 

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