Les détenteurs du pouvoir de l’entreprise qui revendiquent la prise en compte de l’homme, doivent avoir comme principe la dignité de chacun des collaborateurs de l’entreprise.
Les 3 rencontres que j’ai faites aujourd’hui m’ont à nouveau conforté dans ce sens à donner à la notion de dirigeant humaniste dont beaucoup de nos clients se revendiquent. J’inclue dans ces dirigeants ceux qui s’attribuent le développement durable. Par définition, le développement durable signifie pour l’entreprise, la combinaison gagnante du développement des hommes, du respect de la planète et de ses ressources et de la performance économique. L’homme est bien un des éléments clés du triptyque.
J’ai compris que la culture gagnante et conquérante d’une entreprise n’a pas de limite à partir du moment où le dirigeant a le profond et sincère souci d’associer l’ensemble des collaborateurs ; de leur faire partager un projet qui a un sens individuel et collectif. Au fond la violence de la compétition n’est pas extérieure, elle est intérieure. Car la violence s’installe lorsque l’on ne prend plus en compte la personne, que le dirigeant se soucie surtout de la finalité, de l’instrument, des moyens plus que des hommes.
La première rencontre c’était un homme de 45 ans. Son ex patron, propriétaire dirigeant d’une PME de 40 millions €, ne se décidait pas à faire les changements structurels indispensables. Dans la crise actuelle, son entreprise ne pouvait plus faire face ; c’est mon ami remercié qui en a fait les frais ; patron en situation de non écoute des solutions proposée par ses collaborateurs.
J’ai déjeuné avec une femme de 35 ans qui venait de démissionner d’une multinationale. Elle ne supportait plus l’inertie de cadres intermédiaires qui bloquaient ses initiatives. Elle était découragée de voir comment quelques personnes dans une organisation peuvent concentrer leur énergie à servir leur vision conservatrice du système ; situation de gâchis et de non utilisation des énergies des jeunes.
J’ai enfin dîné avec une équipe de cadres et d’entrepreneurs avec qui nous nous réunissons régulièrement pour échanger sur nos pratiques et prendre du recul. Nous avons évoqué plusieurs situations de violence, de mépris, de gâchis humain, expériences vécues par les uns et les autres au cours de nos différentes carrières.
Et j’aurais pu prendre le petit déjeuner avec un trader parisien en pleine euphorie, recevoir une jeune diplômée de HEC et participer à la réunion du syndicat patronal local ! J’arriverais à la même conclusion.
Les profondes remises en question stratégiques que génère la crise structurelle que nous traversons, exacerbent l’impérieuse nécessité pour les dirigeants de prendre en compte chacun des membres de toutes les parties prenantes influentes de l’entreprise et en premier lieu les collaborateurs. C’est là que ça va se gagner. Les modèles de business se repensent les uns après les autres, les situations acquises sont souvent fragilisées, la banalisation menace toute entreprise qui n’innove pas. Face à ces défis, l’entrepreneur n’a pas d’autre choix que de se mobiliser pour conquérir ; sinon se sont ses concurrents qui prennent la place. Il est primordial d’instaurer cette culture gagnante, conquérante dans l’entreprise. Elle ne sera acceptable par les collaborateurs que si c’est avec eux et par eux que le combat est mené.
Elle n’a pas de limite, si chacun est mobilisé dans le respect de sa dignité, de sa liberté et de son équilibre.