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Débat # 4 : La maîtrise de l’origine et de la qualité des matières est devenue un enjeu majeur des entreprises agroalimentaires

Ce retour « aux sources » ou sourcing implique une révolution des pratiques et des innovations.

Au départ, des consommateurs de plus en plus exigeants en matière d’origine, de qualité et de sécurité, des producteurs qui réclament une rémunération juste de leur travail, la promulgation de la loi EGAlim en faveur d’un renouvellement des formes de contractualisation amont-aval, des technologies qui permettent une gestion efficace des données (traçabilité, blockchain, …).

Comment les entreprises s’adaptent-elles pour répondre à ces nouveaux enjeux sociétaux tout en créant de la valeur ?

  1. Recréer du lien entre les opérateurs des filières et limiter les intermédiaires : la contractualisation amont-aval

Les entreprises agro-alimentaires retravaillent leur modèle économique et renforcent la cohérence de la répartition de la valeur sur toute leur chaîne de production. Il existe de nombreux gisements de valeur qui sont sous exploités. Les valeurs ainsi créées ouvrent des espaces pour mettre en place des systèmes de contractualisation prix-volume fiables, transparents et co-construits avec l’ensemble des parties prenantes. Cahier des charges, objectifs de progrès, évaluations régulières sont les pratiques liées à ces contractualisations.

Transformateurs, grossistes, distributeurs se lancent ainsi dans des démarches de réappropriation de leur sourcing, conduisant à l’amélioration progressive de leurs pratiques : plus local, plus sûr, plus durable, plus éthique, plus communicant.

Le cas de la distribution est particulier mais procède de la même logique, la concurrence s’accroît avec des enseignes de distribution spécialisées désormais bien installées  : BioCoop, La Ruche qui dit Oui !, La Vie Claire. Les distributeurs tentent de s’adapter, c’est par exemple le cas d’Intermarché, propriétaire de plus de 60 sites de production en France.

  1. Communiquer sur les pratiques des différents maillons de la chaîne agro-alimentaire : les labels et chartes

Ces démarches de rapprochement entre amont et aval conduisent à l’émergence de nouvelles normes portées par les acteurs privés, appelées normes privées de durabilité (NPD), qui connaissent un essor fulgurant depuis le début des années 2000.

Des initiatives ont ainsi été très tôt formulées par des acteurs de la distribution telle que Global GAP ou International Food Standards. Depuis les années 2000, un nouveau modèle de NPD voit le jour, couvrant à la fois les dimensions sociale et environnementale de la production, tout en répondant aux besoins d’un marché agroalimentaire globalisé.

Ainsi, quelques pionniers « ont pris ce virage ». C’est le cas du biscuitier LU qui a mis en place dès 2008 sa charte « Lu’Harmony » centrée sur la filière blé et contractualisant avec 1 700 agriculteurs pour des pratiques agricoles plus responsables (mise en place de parcelles fleuries en bordure de champ, de cultures intermédiaires). C’est le cas de Bonduelle avec sa Charte « Agronomique » dont l’ambition est de renforcer ses liens avec le monde agricole, de préciser ses exigences en matière de qualité et de pratiques agricoles responsables

De notre point de vue, une partie de la valeur supplémentaire créée par cette régénération du sourcing se situe dans la capacité à apporter à la marque des réassurances, par exemple en terme de santé (label « bleu blanc cœur »), de sécurité (label « zéro résidu ») ou d’origine (France, Bretagne, …). Maîtriser le marketing des labels est donc un facteur clé de succès d’un sourcing réussi.

  1. Construire de nouvelles formes d’entreprise : les start-up de l’alimentation bouleversent les pratiques

Ces nouveaux enjeux ont fait émerger de nouvelles formes d’entreprises, plus adaptées et adaptables à l’évolution de la demande, de la réglementation, etc. Ainsi, les start-up de l’alimentation se positionnent bien souvent dans ces démarches d’approvisionnement maîtrisé, vecteur de qualité et de durabilité.

Les entreprises traditionnelles font face à des difficultés pour faire évoluer leur modèle, du fait de leur taille, de leur organisation parfois complexe et d’équipe pas assez outillées (méthodes) ou motivées (leadership) pour développer de nouveaux modèles.

Nous recommandons aux Groupes en risque d’inertie, de reconstituer un modèle start up à l’intérieur de l’entreprise, en créant une équipe projet, appuyée par un consultant externe qui veille à tenir le rythme et le cap des innovations recherchées.

 

TriesseGressard a accumulé une forte expérience en accompagnement de projets visant à une meilleure maîtrise du sourcing.

Nos références sont sur des champs variés du sourcing :

  • Diagnostic de vitalité qui est une adaptation du diagnostic RSE appliqué au sourcing et à la production agroalimentaire.
  • Séminaire stratégie sourcing: d’identification des enjeux, détermination des projets clés, fixation d’indicateurs de performance et mobilisation des équipes.
  • Reconstitution de chaîne de valeur, révélation des puits de valeur et plans d’action liés
  • Co-construction de partenariats durables avec les fournisseurs : cahier des charges/référentiel, contractualisation, structuration de collectifs de producteurs à finalité économique.
  • Assistance au déploiement du marketing marque label : projet de marque, choix du/des label(s), structuration de l’articulation marque/label.
  • Mobiliser les équipes et accompagner leur montée en compétences ; faire vivre le projet au sein de l’entreprise pour qu’il soit porteur de sens et de valeur.